5 anecdotes de tournage sur “Il était une fois le Continental Circus”

L’aventure de la course continue…

2011, Marie, la belle blonde passionnée par la mode mais aussi les belles motos (une Ducati et une Triumph) et la course,  souhaite  me voir  ressortir le cuir et m’aligner dans les courses  classiques en Europe. Une sorte de remake du Continental Cirrus, qui m’a vu débuter en 1974, sur le circuit de Charade. (voir le film « Le cheval de fer »).

Elle achète une 350 TZ Yam, à cadre Morena et me voilà au pied du mur.

Robert, le déménageur de l’appart de Marie, s’étonne de voir des revues de moto partout, et s’avère encore plus surpris lorsqu’elle lui apprend que son boy friend c’est Bernard Fau ! Il m’a vu courir lorsqu’il était adolescent.

Lors de notre première rencontre, je lui parle de mon désir de recourir mais je n’ai pas de budget pour l’entretien et les déplacements. Pas de problème, il sera présent pour m’aider ! Ainsi KDTS s’affiche sur la machine pour les 7 saisons à venir.

La vie n’est elle pas une histoire de rencontres ?

Le miracle du Castellet

2013,  première course classique VMA sur le circuit Paul Ricard où j’ai fait mes débuts en 1971, je lance le tournage d’un film auquel je cogite depuis 1984. Des centaines de notes, des images dans la tête et surtout le désir de raconter le passé en le revivant. C’est ma recherche du temps perdu.

 Je convoque  une équipe d’intermittents du spectacle du Sud pour démarrer enfin le film dont j’ai le titre depuis longtemps, Il était une fois le continental Circus.

Pour le budget production, je n’ai pas un seul euro, mais qu’importe je sens que c’est l’heure, et  Sophie, la belle que l’on voit dans « Le cheval de Fer » de 1974 est convoquée pour nourrir l’équipe. L’histoire continue….

Christian Sarron  est invité à jouer le rôle du manager. Je multiplie les casquettes, pilote, mécano, producteur et réalisateur. Mégalo ? Non juste déterminé. Et puis je viens d’avoir 60 ans…

La suite relève du miracle… Essais ratés, milieu de  grille, mais il pleut et je me souviens avoir aimé çà, il y a trente ans… Aujourd’hui je réussis le meilleur départ de ma vie et au premier passage, sous le regard ébahi de Sarron je vire en tête. L’espace d’un instant, j’ai la sensation de n’avoir rien perdu de mon feeling sous la pluie.

 Je gagne à nouveau, devant les caméras et le visage incrédule de Sophie qui ne pensait pas me revoir sur un podium. Moi non plus d’ailleurs. Je regarde le ciel et réalise que le film est vraiment lancé. Magique !

Plus dure est la chute

Quinze jours plus tard, il faut faire les préparatifs pour Hengelo, une road-race dans la campagne hollandaise. Première manche ICGP, (International Classic Grand Prix), organisée par Eric Saul, un ancien de la « french génération ».

Démon de midi ou cure de jouvence, je me sens si fébrile de charger le camion, la remorque et de m’imaginer découvrir cette classique de l’époque que je me m’écrase au sol, sur le visage, sans les mains prises à tenir une caisse. Grosse peur, ma première chute de la saison.  Miracle, les dents ne sont pas cassées, ni le nez.  Les lèvres ont amortie le choc, mais pour les baisers, il faudra attendre.

L’équipe grimpe dans le fourgon chargé, Eric Maurice, le journaliste est à l’avant pour une interview et la remorque, bien chargée elle aussi, suit. Sur l’autoroute, la moyenne est sérieuse car il faut arriver avant la nuit, le paddock doit déjà être bondé.

Autoroute belge, soudain un pneu de la remorque explose et tout le convoi tangue  au point que je m’attends à voir dans les rétros l’attelage partir en vrille. Temps bref,  comme dans les chutes, il se dilate suffisamment pour imaginer que le voyage s’arrête là.

Puis  survient  un grand moment de solitude : je n’ai pas de roue de secours.

Nous arrivons finalement à la tombée de la nuit et installons le campement à la lueur des phares.

En regardant le ciel, je sens qu’une bonne étoile  veuille sur le film et dans la foulée, une pensée s’impose : puisque je suis déjà tombé une fois, je ne recommencerais pas ce week-end. Logique, non ?

L’INA, 1.251 employés et 25 millions d’heures d’images

Sans cet organisme gigantesque et unique au monde, je ne me serais jamais lancé dans l’aventure de ce film si je n’avais pas eu accès aux archives. Pour un film documentaire et qui évoque le passé, elles sont incontournables.

Toutefois, l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) c’est aussi un peu Fort Knox, et sortir une image pour l’utiliser commercialement nécessite de montrer patte blanche, surtout lorsque ma société Strada Productions, n’a encore rien produit.

Là encore, un petit miracle se produit car le premier numéro d’un cadre commercial que je contacte, Carim, adore le sport et ne manque aucun Motogp. Cerise sur le gâteau, il connaissait un de mes meilleurs amis aujourd’hui disparu, Gérald Garnier, qui fut le mentor de Patrick Pons, Christian Sarron et Jacques Bolle.

La porte qui garde les trésors des Automotos, dont le premier magazine date de 1975 , ne s’est pas refermée depuis.  Devant autant de bonnes énergies, je ne peux plus reculer.

Merci Carim.

Les souscripteurs et les coproducteurs répondent présent

J’ai passé ma vie à chercher et gagner de l’argent pour vivre mes désirs. La moto, la photo et le cinéma. Je suis un rompu à l’exercice. Ainsi lorsque j’ai sauté sur l’occasion de reprendre la piste, tout naturellement l’idée du film tant imaginé s’est imposé. Mais  comment convaincre des dizaines, puis des centaines de personnes inconnues à mettre de l’argent sur un film en achetant le dvd qui n’existe que dans ma tête ?

J’ai le déclic, ce sera un film de famille. La génération des années 70’s, rock and roll et  flower power pourra s’y retrouver dans ces images. La nostalgie est le moteur du récit et un certain nombre comprennent qu’il n y aura pas de films autour de la moto qu’autrement qu’en  le produisant nous-mêmes.

Jean Pierre construit le premier site, je monte un teaser de dix minutes et Jacques Bolle, avec la FFM, Eric De Seynes pour Yamaha, Patrick Jacquot de la Mutuelle, pour ne citer que les plus importants, répondent présent.

Trois années de tournage, plus de 120 heures d’images et un coût final qui dépasse les 150.000 euros. Un succès, mais pas financier !

Au générique final inédit, plus de mille noms défilent. C’est ma plus belle victoire.

Pour en savoir plus, découvrez le film Il était une fois le Continental Circus.

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